*~°¤ Mär Heaven ¤°~*

Bienvenue dans le royaume de Mär Heaven ! Ce royaume paradisiaque que menace de détruire le diabolique Echiquier...Combattant, pion ou voleur ?
 
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 Un orc à Lestower - ou la tournée des boucheries

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Kerio
Militaire de la Cross Guard


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MessageSujet: Re: Un orc à Lestower - ou la tournée des boucheries   Sam 14 Juil 2007 - 19:25

Cette fois, c'en était trop pour la patiente du vénérable vieillard.
Tandis que ses assailants continuaient de lui déblatérer toutes sortes de bêtises qui ne pouvaient que l'ennuyer, il regardait autour de lui les objets et les déchets qui gisaient, puis non loin de l'endroit où il se trouvait : des tables de bois, des couteaux métalliques affutés, au sol, beaucoup d'eau plus ou moins souillées de sang...


* je n'ai pas encor recouvert la puissance d'antan, mais ça devrait suffir à les faire fuir une bonne fois pour toute !*

Il adressa à ses agresseurs son plus beau sourire, en découvrant ses dents jaunis pas les ans, ainsi que ces phrases :

"Je ne donnerais plus d'avertissements... le prochain coup sera redoutable !"

Derrière lui, un boucher rigoureux, qui était préposé à la tâche de maintenir les animaux durant la mise à mort essayez de retenir un éléphant qui vient de découvrir que l'engin qui s'approche de sa tête doucement dans un bruit affolant n'est pas un oiseau, mais bien quelque chose qui lui veut du mal...), émit un ricannement.
Kerio se retourna vers lui, et avant que l'autre n'ait pu réagir, il lui balança son bâton dans la tronche. Puis, il actionna son redoutabvle ärm, Pythagore, et se fit premièrement, en utilisant le principe de transmutation de la matière, un bouclier solide et résistant.
Puis il entreprit de faire mettre le feu sur un coin de la charpente du toit faisant, le faisant choir sur ses malheureux assailants. Le harponneur qui se trouvait là fut écrasé par une poutre...

Kerio s'amusait, comme au temps jadis de sa surpuissance, et se déchainait en voyant les autres souffrir et tomber alors qu'il n'avait rien ...
Il riait en entendant les cris de douleur de ses ennemis, mais bientôt, il n'y eût plus matière à rire...
Toute la large structure de la Boucherie venait de s'effondrer dans les flammes.



* je crois que je me suis un peu emporté...*

Sous les décombres mêlés encor fumant s'echappaient déjà les rescapés les plus chanceux, et un éléphant vigoureux, transportant derrière lui de la viande carbonisée et un torchon enflammé qui commença à mettre le feu aux établissments alentours sur son sillon.
Kerio attrapa une tranche bien grillée et regarda autour de lui... Des gens sous les ruines se débattaient pour sortir et retrouver l'air libre...
Il pouvait encor se faire passer pour un héros en les sauvant...


Des voisins arrivaient (alors que le peur les avaient auparavent terrer à leur domicile).
Il leur annonça


"Ne vous approchez pas ! Vous pourriez vous blesser, et il ya quelqu'un de très dangeureux en-dessous. Vu les dégats
qu'il peut provoquer, il ne vaut mieux pas l'embêter..."




Et il se redressa en s'appuyant sur son baton et commença à retourner les planches.


[je déteste lesz souris intégrées des ordinateurs portables... entre les fois où il faut appuyer comme un bourrin pour cliquer et les fois où en effleurant par inadvertance la boulette, on a déjà cliqué...
En moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire, je me suis retrouvé cinq pages précédentes plus loin alors que j'étais en train de poster... Je ne pensais pas dire ça un jour, mais mon vieil ordi pourri me manque...]
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Glarf
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MessageSujet: Pas d'autres protestataires ? Je poste donc.   Mer 15 Aoû 2007 - 12:05

[Quoi, des "boulettes" sur un ordi portable, ça existe encore, ce truc archaïque ? Trackpad power ! Par contre c'est vrai qu'un des gros inconvénients de ff, c'est l'absence de sauvegarde des posts dans l'historique - il a déjà tout effacé quand on fait précédent, cet âne.

A part ça je cherche une suite à l'apocalypse miniature de Kerio - je vais finir par croire qu'il aime pas Glarf, celui-là...]

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(\__/) Découper le lapin, les 2 pattes du haut et les 2 du bas. Couper la tête, désosser
(='.'=) entièrement tout le dos. Rouler en forme de rôti et ficeler. Mettre dans une cocotte,
(")_(") ajouter vin, épices, ail, oignon, persil haché, sel, poivre et champignons. Incorporer
tous les petits bouts du desossage. Laisser macérer au réfrigérateur tout la nuit puis
ajouter 2 verres d'eau environ. Faire cuire à feu moyen jusqu'à ce que la viande soit bien cuite.


Dernière édition par le Dim 16 Sep 2007 - 0:36, édité 1 fois
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Hélène
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MessageSujet: Re: Un orc à Lestower - ou la tournée des boucheries   Mer 15 Aoû 2007 - 18:16

[c'est possible d'aimer Glarf ?!?
même question pour Kerio ^^]

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Glarf
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MessageSujet: Poste, reposte et dix de der.   Mer 15 Aoû 2007 - 18:54

Pas au sens culinaire, en tout cas...

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Glarf
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MessageSujet: Capot. 250 pour ma pomme.   Mer 17 Oct 2007 - 0:33

Une demi-boîte de thon. C’était approximativement ce qui restait du bâtiment après le passage de la déflagration du firewall le bien-nommé. La boucherie avait été littéralement coupée en deux, tel un pâté de sable après le shoot mal ciblé d’un sale gamin. Du côté à peu près intact, il y avait la tour « administrative » et les étalages du rez-de-chaussée, le fief de Siegfried le Grand-Patron, qui contemplait précisément les dégâts par le défunt pan de mur se trouvant à droite de son bureau la minute d’avant. C’était en fait tout le mur ouest qui était tombé avec l’autre moitié de l’édifice, et à chaque étage, les employés qui avaient eu la chance de ne pas y être adossés de trop près contemplaient les gravats avec la même mine estomaquée. De l’autre côté, c’était un champ de ruines indicible et parsemés d’incendies d’ampleurs variées sur la superficie autrefois couverte par les structures massives du hangar de déchargement et des abattoirs industriels. De tout cela, de toute son œuvre, la seule chose que pouvait encore contempler maître Siegfried c’était les ébats d’une moitié d’éléphant charriant une trainée de débris variés et embrasés, telle une torche ambulante, mettant le feu à tout ce qui n’était pas encore entièrement carbonisé.

Contempler. C’était également tout ce que pouvait à présent M. Blurg, à moitié broyé qu’il était sous les décombres ardents de la portion de toit en flammes qui s’était abattue sur lui. Et contemplant ce désastre, il se demandait distraitement s’il aurait l’occasion de châtier le technicien chargé du graissage du lance-harpon qui avait obstinément refusé de lâcher son projectile sur le sbire de la Cross Guard responsable de cette sauterie en règle. Oui, à y repenser, ce vieux débris aurait sûrement eu bien plus de mal à lâcher ce plafond de braises sur ses opposants avec un pieu de trois mètres de long entre les omoplates. Seulement, ce pieu avait fini sa course dans le bras droit du DRH lors de l’effondrement forcé de la tourelle de tir.

Tout n’était néanmoins pas joué. Dans sa sénilité, le vieillard contestataire éclipsait une règle de combat essentielle : toujours achever chaque adversaire, quel qu’en soit le prix. Car toute erreur se paie nécessairement et tout DRH a pour rôle d’en être le percepteur. La plupart des employés alentours gisaient dans leur sang bouillonnant en cours de boudinification ou allaient y gésir très prochainement au vu de leurs blessures. La geste punitive lui incombait donc faute de la pouvoir déléguer. Et ça n’était pas plus mal : ce coup d’éclat ajouté à son déjà fort sanglant palmarès, ne pourrait être qu’un nouveau pas de M. Blurg vers sa très prochaine promotion.

Fronçant les sourcils jusqu’à obtenir la luminosité optimale (tout le monde ne dispose pas d’un ärm post oculaire à haute résolution pour régler ce problème) puis superposant calmement et aussi habilement que lui permettait sa seule main gauche le crâne quasi-fossilisé de son adversaire avec l’étroit objectif de tir de son arbalète à carreaux barbelés, il ne put retenir un ricanement sadique en se figurant l’allure moyenne d’une tête de duc déchiquetée libérant son visqueux contenu qu’il s’empressera d’afficher en vitrine.

Mais ce ricanement suffit à attirer l’orc.

Glarf saisit par l’extrémité du manche le harpon fiché dans le bras du DRH puis le souleva avec, le tordant selon un angle pour lequel il n’était semblait-il pas prévu, au jugé de la plainte émise par son épaule. Quelque peu amusé par ce couinement de rodage mal graissé, l’orc joueur entreprit de secouer son hocher grinçant d’avant en arrière, d’autant plus vaillamment que le bruit de faisait plus discordant et péremptoire, couvrant très largement les hoquets de douleur du propriétaire de l’articulation malmenée. Le grincement cessa subitement lorsque le cartilage rendit les armes, produisant un petit craquement sec et propulsant dans les airs et avec une très artistique trainée écarlate un M. Blurg à demi-manchot. Il aurait par ailleurs certainement décrit une tout aussi belle parabole s’il n’avait pas rencontré la défense droite du loxodonte en furie à trois mètres de son point de décollage. Il s’empala sur la pique d’ivoire comme un œil de crapaud bien visqueux sur un cure-dent puis l’orc le perdit de vue lorsque un pan de mur resté trop longtemps en équilibre précaire mit fin à la course folle du pachyderme. La lueur joueuse dans la pupille de Glarf céda alors la place à sa consœur gourmande, quand l’orc entreprit de suçoter sa brochette de cubitus avec appétit.


« Slurp. Mmmmm… Ca c’est du jambon ! »

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Kerio
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MessageSujet: bon je n'aurais jamais dû venir ici, je m'en retourne donc !   Ven 2 Nov 2007 - 0:07

Les décombres s’animaient. Et dans la rue, des curieux revenaient dans cette rue précédemment désertée par le passage d’une créature dont on n’apprécie guère de partager le trottoir. Kerio se repentait de sa précédente action. Bien sûr, c’était de la légitime défense, il ne pouvait pas décemment se laisser tuer. Surtout maintenant qu’il était le sous-chef (auto-proclamé) de la Cross Guard, cette équipe composite de bras cassé orphelins frustrés des injustices qui leurs ont été infligées. Non, il avait agi comme il le pouvait. Mais il venait aussi de détruite à moitié un bâtiment semi-public et d’infliger beaucoup de dégâts à l’infrastructure et aux gens qui y travaillent.
Les voisins étaient déjà tout affairés à retourner les planches pour sauver les éventuels survivants.
La boutique était si large et profonde qu’on ne distinguait pas distinctement l’étendu du désastre, mais il semblait à Kerio avoir entendu, en provenance de derrière un morceau de tuyau de diamètre non négligeable et tout à fait opaque un bruit qui ressemblait à celui d’un éléphant estropié et pas content de s’être pris un morceau de charpente en acier sur la tronche.
Il jugea bon de ne pas s’éterniser ici. Il aurait dû se mettre au secours de la population, de ceux qui étaient écrasés sous les décombres dangereux Il aurait dû achever la brave bête qui diminuait encore les chance de retrouver des survivants en piétinant ce qu’il restait de la boucherie Sigfried et fils.
Il aurait dû essayer de limiter la casse.
Mais il n’y avait apparemment que des gens qui ne le considéraient pas avec bonté et ne voyaient pas que ses véritables objectifs étaient le bien du peuple, dont ils faisaient à priori parti.
Il était fatigué. Une attaque d’une telle ampleur, maintenant qu’il était vieux et sénile, n’était pas bonne pour ses reins. Il avait besoin de se reposer et de se restaurer.
Ça ne lui était pas arrivé souvent durant sa carrière militaire, pourtant longue et riche, mais il préféra se replier et retourner à la caserne.
Il lui semblait avoir vu Glarf précédemment. Sans doute en toucherait-il deux mots à Athanase, bien qu’il ne sache ni ce qu’il faisait qui nécessite de se faire passer pour un membre de l’Échiquier, ni ce que le pauvre chef sans éclat pourrait y faire.
Il prit alors une grande respiration et entama un petit discours politique histoire de ne pas trop perdre la face et relever un peu la réputation de la Cross Guard.

"Voyez, habitants de la ville, voyez les miracles de l’Échiquier ! Ils viennent eux-mêmes détruire leur fournisseur officiel de viande. Mais ils ne pensent pas aux autres clients, à vous, habitants de la ville ! "

[je précise alors que le précédent extrait était issu de la Marseillaise (vous savez, l’hymne national français ^^). En voici un autre morceau choisi remodelé à la sauce Kerio (goûtez, et constatez si on peut aimer Kerio au sens culinaire ^^]

"Mais ces despotes sanguinaires, tous ses tigres qui sans pitié déchirent le sein de leur mère ! Ils vous font du mal, et ils vous faut vous défendre !
Aux armes citoyens ! Formez vos bataillons ! Marchons, marchons et qu’un sang impur abreuve nos sillons !"

Il leva alors son bâton dans un élan inspiré :

"Tremblez, tyrans et vous perfides, l'opprobre de tous les partis, tremblez ! vos projets parricides vont enfin recevoir leurs prix ! Tout est soldat pour vous combattre ! Et la Cross Guard est l’organisation qui saura former ses soldats ! Suivez moi et rejoignez ses rangs victorieux !
La Cross Guard est toute prête à vous accueillir pour soutenir cette lutte pour la liberté. Liberté, conduis, soutiens nos bras vengeurs. Liberté, Liberté chérie,combats avec tes défenseurs !
Que tes ennemis expirants voient ton triomphe et notre gloire !"

Mais il réalisa alors que personne ne l’écoutait, car chacun s’occupait de porter secours aux malheureux. Kerio soupira.
C’est ce qu’il devrait faire s’il voulait se rendre utile. Mais il ne pouvait se le permettre.
Il cria alors bien fort :

"La Cross Guard vous soutient. Je m’en vais vous chercher du secours !
Puis il s’éloigna en titubant. Il se sentait à la fois démoralisé et frustré."

[ce post est le premier d’une longue série de massacre…]
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Glarf
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MessageSujet: Le véritable meneur de la Cross.   Ven 30 Nov 2007 - 19:34

Il était grand, il était fort, il était vert, il était beau. Il avançait fièrement, cheveux au vent. Il marchait d’un pas ferme et assuré, on s’écartait sur son passage avec respect. Son casque en bandoulière, son gourdin à l’épaule, il foulait les braises chaudes et fendait le blizzard. Son nom sonnait l’hallali des gredins, contre vols et pillages, son corps faisait barrage. Sa vue terrifiait le vilain et son regard tuait le malandrin. En cœur on scandait sa légende, à tue-tête on chantait ses hauts-faits. Sa renommée faisait trembler les hordes d’ennemis, son bras seul mettait en fuite leurs armées en panique, nulle maréchaussée ne saurait le stopper. Sur son chemin les têtes volaient, dans son sillage les foules se massaient, la marmaille enjouée courait à ses côtés. Il boutait l’oppresseur dans ses propres tranchées, lançant à la volée des tracts de la Cross Guard. Il incarnait valeur et bravoure, les justes accourraient à sa suite. Qu’il vente, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il tempête, les souffles se tarissaient lorsque Glarf paraissait.

« Groumpf. »

Le capitaine aurait volontiers démenti cette diffamatoire accusation si sa contre argumentation n’avait pas volé en éclats par la même occasion que son crâne. Il ne demeurait que deux recrues terrées comme elles le pouvaient derrière le cadavre décervelé de feu leur supérieur, et on se demandait presque si ces bleus comprenaient par quel bout dresser leurs lances. C’était certainement déplorable à leur égard, néanmoins les hourras de la foule cerclant le carrefour étaient unanimement sans appel quant à leur sort prochain. Car s’il faut beaucoup de chance à trois patrouilles pour cerner simultanément un criminel à l’angle d’une rue, il n’en faut pas moins à un orc pour y cerner trois patrouilles. La masse pieutée voltigea par deux fois et deux jeux de viscères s’enroulèrent par terre sous les yeux grand ouverts de leurs propriétaires. Que lesdites entrailles ne tardèrent pas à regarder de haut à leur tour. Il en résultait que si l’administration lestowerienne était remarquablement intransigeante quant à la nécessité vitale de dépêcher la garde en tout lieu présentant des troubles manifestes et signalés à l’ordre public, elle n’avait en revanche rien prévu en matière de procédure à suivre dans le cadre de cette catégorie de débâcle.

Glarf posait verticalement son gourdin devant lui et appuyait ses deux mains sur la poignée, redressant le regard vers la populace qui se répandait an applaudissements et clameurs d’allégresse. Deux mômes de huit ans environ se ressassaient frénétiquement les instants forts de la bataille en mimant les coups de l’orc de leurs bâtons. L’un jouait l’officier chef l’implorant après l’échec de la première improvisation tactique, une formation en deux rangs, l’un de piques levées vers l’opposant et l’autre de tireurs et d’ärms de jet, qui avait pris fin avec son inventeur lorsque le vert opposant en question avait embroché la moitié des seconds sur les lances des premiers. L’autre bambin avait tiré le rôle du héros et démembrait avec force imagination le meneur de la deuxième patrouille, optant quant à lui pour la subtile stratégie dite de « Tous sur le monstre ! », dont la coordination exemplaire dans l’exécution ne s’était pleinement révélée que lors de la débandade générale des exécutants après l’écartèlement de leur leader, une véritable merveille de synchronisation.

Il ne restait aux drôles que peu à mimer du troisième capitaine, qui avait courageusement rassemblé ce qui lui restait d’hommes pour opposer une ultime et symbolique résistance à l’adversaire, avec le succès que l’on sait. Du pain et des jeux, disait Néron. Le marxisme était alors encore bien loin de naître mais déjà la plèbe eu volontiers mis les sénateurs dans l’arène et les gladiateurs dans les loges. Allez savoir pourquoi, le bas peuple a toujours été plus amené à porter en triomphe le valeureux guerrier qui pourfend fauve sur fauve que l’instance grassouillette qui se repaît de ses taxes.

La chaîne peu à peu se formait, corps, membres et abats épars étaient de main en main convoyés à la rive et jetés dans le fleuve. A leur point de chute, les petits poissons commençaient à grouiller, l’eau s’y teintait de pourpre et d’argent. C’est sans partage que le règne aquatique a toujours abrité les plus féroces charognards connus, et c’est d’humilité qu’une cohorte entière de hyènes se couvrirait les yeux en voyant le courant charrier ainsi de plus en plus de lambeaux de chair grignotée, que toujours plus d’alevins s’en venaient becqueter à plus soif. Visant en cet instant l’agitation des flots, c’est aussitôt que la gent féline se serrait à plat ventre sur les quais, l’œil alléché, la babine retroussée, lorgnant sous la surface en bavant abondamment. Ce fut là un second carnage, à grandes, poilues, et acérées immersions de griffes à coussinets. Il était tant de paires de branchies à faible profondeur que lorsqu’un goujon esquivait, la patte velue et pisciphile se refermait sur son voisin immédiat sans même réaliser la différence. Tandis qu’autour de Glarf, on renversait les tonneaux d’eau de pluie, le sang sur les pavés s’écoulait dans les égouts lors qu’un relent d’abats de poisson frais entamait l’invasion du quartier. L’orc sourit. On clamait autour de lui que l’Échiquier exhalerait de même lorsque sa morue couronnée serait déchue et éventrée. L’orc s’en pourlécha d’avance. Certains le sommaient de marcher sur le château même pour en expulser les occupants à coups de botte. L’orc choisit quant à lui de marcher sur la plus proche taverne pour fêter sa victoire de la façon adéquate.

Sur le chemin de cet éthylique objectif, il repassa sur les ruines de la boucherie Siegfried, dont la moitié encore debout branlait néanmoins dangereusement . C’était ici les chiens qui accouraient, ripaillant de saucisses et de foie sanguinolent. Du caniche à nœud papillon rose jusqu’au molosse d’un mètre vingt au garrot, nul n’avait su résister au doux parfum de la chair fraîche, et tous ripaillaient gaiement dans les entrailles ouvertes de bestiaux divers. Quand les quartiers de bœuf à la coupe ne suffisaient plus, les quartiers des bouchers à moitié broyés prenaient bien contre leur gré le relais. Malgré cette ambiance de massacre bestial, ça et là trois hères, deux ladres et un vieillard courbé persistait à fouiller les décombres. Une bonne part s’en vint grossir la troupe, la pensée d’une cuvée leur ravivant le gosier. Ceux qui cherchaient là un survivant plutôt qu’un riche cadavre à détrousser voyaient en ces débris fumants le fait de l’Échiquier, ce grâce à l’allocution d’un vieux croulant inspiré. Ils abandonnaient alors leurs vains espoirs pour joindre leurs ardeurs vengeresses à celles du cortège de fureur et de joie.

Glarf avançait et les masses le suivaient.

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