*~°¤ Mär Heaven ¤°~*

Bienvenue dans le royaume de Mär Heaven ! Ce royaume paradisiaque que menace de détruire le diabolique Echiquier...Combattant, pion ou voleur ?
 
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 La fin du voyage

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Montjoie Saint-Denis
Militaire de la Cross Guard


Nombre de messages: 23
Localisation: à la croisée des chemins, sous un ciel d'Automne aussi pâle que son âme ...
Date d'inscription: 31/03/2007

MessageSujet: La fin et les moyens   Mer 9 Mai 2007 - 16:17

Un temps d’arrêt ; puis, de nouveau, le stylet de Saint-Denis courut sur le papier … Et l’immense être, qui volait à la nuit sa noirceur, et à la tombe son silence lugubre et prophétique … mit genou à terre, et s’inclina résolument devant celui qui, dorénavant, commandera ses assauts lors de batailles sanglantes.
« Je vous implore, Monsieur, de pardonner miséricordieusement mon entrée en ces lieux quelque peu … cavalière. A partir de ce jour, vos désirs seront considérés comme des ordres. »

* Ainsi, ce jeune homme à l’air timide se trouve être le chef de la Cross Guard … Qui l’aurait cru, sous son aspect chétif et effacé ? Sa seule force intérieure lui a permis de s’imposer parmi ses guerriers ; sera-ce suffisant contre la malignité démoniaque dont fait montre l’Echiquier ? *
Ce dernier mot résonna longtemps dans l’esprit de la nouvelle recrue, accompagnés d’un cortège de souvenirs de douleur, de malfaisance et de désespoir … Comme toujours. Ils n’avaient plus d’emprise sur le vagabond …
À force, il s’était habitué à leur présence obsédante.
Le fil de ses pensées se renoua sans accroc.

* En vérité, peu me chaut la puissance de ce damoiseau … seul m’importe le soutien de ses combattants : quel que soit le chemin que j’emprunte à présent, l’Echiquier … *
Le sang sur son visage, sur les cadavres encore chauds, sur le bec des corbeaux voraces qui fouraillent déjà dans les entrailles des Pions déchus, ignorant les derniers sursauts des mourants qu’ils achèvent …

* … cherra ; mais la présence d’autres justiciers accélérera cette chute. *

C’est alors que la fille alcoolique, qui suivait avec suspicion, depuis l’arrivée du spectre, le moindre mouvement de ses mains gantées, s’avança prudemment vers Montjoie, précautionneusement lente, comme prête à déguerpir à la moindre menace, et lui demanda d’une voix angoissée :
« Sers-tu le vil tournesol-ric-peu, Étranger ? »

Cette supplique adressée d’une voix calme, mais résolue, plongea sur-le-champ la voyageuse dans les affres de la perplexité.
La lendore n’était jamais parvenue à saisir totalement la nature exacte de cette anomalie sociale propre aux Hommes dont le nom était : « religion ». Tenter de discerner le vrai du faux là où ni le microscope ni la magie ne pouvaient pénétrer représentait à ses yeux une immense perte de temps : quelle que soit la « solution » aux problèmes de conscience que leur posait leur propre mortalité (qui ne troublaient jamais la réflexion de Saint-Denis), la vérification du bien sensé de la pensée obtenue se révélait systématiquement impossible ; elle ne méritait donc pas que l’on s’y attarde.
Les Hommes se persuadent toujours qu’ils sont perdus, ce qui explique de nombreux comportements infondés de leur part.
La soldate nouvellement nommée se persuadait toujours qu’elle savait précisément où elle se trouvait, ce qui expliquait de nombreux comportements infondés de sa part.

Elle avait beau retourner le concept dans tous les sens qu’il lui était possible de concevoir, elle ne parvenait pas à donner du sens aux paroles incongrues de la rouquine prosélyte. Comment était-il possible de servir un être qui n’avait jamais donné d’ordres, de par son absence manifeste d’organes permettant d’accomplir cette tâche ? Elle tourna légèrement sa lourde tête, afin de détailler la Sphinge qui imposait de tels paradoxes à sa raison sans faille …
Malgré un infime tremblement du à l’inquiétude et au dégoût, celle-ci, d’un point de vue mental, se montrait d’une résolution que d’aucuns auraient qualifiée d’inquiétante. Elle fixait l’être profane avec une fixité troublante ; sa main droite se tenait repliée dans son manteau maculé de taches d’alcool fort, comme si elle se préparait au besoin à dégainer une arme, voire un ärm, dans le cas regrettable mais envisageable où la réponse que lui donnerait son interlocutrice lui déplairait.
La créature masquée réfléchit avec soin : nul n’était besoin de se faire maintenant de nouveaux ennemis, surtout au sein même de ses nouveaux alliés.

* Le mot « tournesol », dans son estrange question, estoit précédé de l’adjectif « vil », péjorativement connoté, et suivi d’un indistinct borborygme évoquant une expectoration due à la révulsion … Ma répartie coule donc de source. *
Avec une lenteur prudente, Saint-Denis secoua solennellement l’encéphale de droite à gauche, puis en inversant le sens de rotation de sa figure, en un signe de dénégation aussi vieux que le monde.
Alea jacta est.

_________________
« Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. »

(Victor Hugo, in Les contemplations)
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Hélène
Militaire de la Cross Guard - Modérateur


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Age: 18
Date d'inscription: 06/12/2006

MessageSujet: Re: La fin du voyage   Ven 11 Mai 2007 - 17:09

[rouquine prosélyte ?!? ]

Toujours aussi anxieuse, Hélène gardait ses yeux fixés, autant que son organisme et l'alcool le lui permettaient sur le nouvel arrivant à la tête encapuchonnée de ténèbres. Malgré l'abscence de visage qui lui aurait permis d'exprimer un tel sentiment (car il porte un masque), il semblait baigner dans l'incompréhension la plus totale.
Mais cela ne voulait rien dire : ceux qui servent le vil tournesol sans le savoir sont toutaussi dangeureux que els autres...
Enfin, il secoua sa tête de gauche à droite pour nier son appartenance à la secte maléfique.

Un sourire fendit le visage de la prêtresse et, la main que sous son vêtement cachée elle avait, elle la sort en brandissant son arme la plus fiable : une bouteille d'eau Contrex (r) !=^^
Alors, de son autre main, sous les yeux ébahis des autres militaires, elle sort une Pêche magique et transforme l'eau en vin, comme aux noces de Canaa.
Elle s'approcha vers l'inconnu avec un air réjoui.
Elle n'était plus très loin de lui lorsqu'elle eut un pulsion de recul.
Des souvenirs horribles lui revenaient à la mémoire, des souvenirs qu'elle pensait que l'alcool emporteraient, dont elle pensait que le Pavot la sauverait.
Les années d'initiation pour obtenir le droit de bénir au nom de la divinité, les années passées à travailler, à apprendre la physique, la chimie, la botanique et toutes sortes de choses que l'alcool finissait par emporter loin avec lui, dans les prés de blés et de Pavots, au royaume où vont les âmes des fidèles après une mort convenable (mort suite à un coma éthylique, au-delà de 8 grammes d'alcool pur par litre dans le sang). Les exercices pratiques de familiarisation avec les alcools, les Coq'licots, les tournesols-rick-peu...

Sans aucun doute, sous la masse de senteurs mélangées, il y avait un reste d'odeur de mal...
Le seul moyen d'être sûr de son appartenance ou non à la secte du vilain tournesol-aux-dents-acérées était de le bénir au nom de la divinité.

Elle s'approcha, avec détermination et un sourire large comme une bouteille, et entreprit de lui lancer de l'alcool sur l'épaule... gauche... enfin, peut-être, car n'avait-il pas trois... quatre épaules ? Elle arrêta son mouvement pour boire un coup, histoire de ne pas s'éloigner de la divinité toute puissante, de rester du bon côté de l'ivresse, pour ne pas en sentir les néfastes effets. Puis, impreturbable elle reprit son occupation de béné-diction.

_________________
"Pour accéder au droit divin spirituel, il faut parfois céder aux vins spiritueux !"
(d'après Maître Tang, d'après Kyo, d'après JBX)

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Athanase Eärfalas
Chef de la Cross Guard - Admin


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Date d'inscription: 05/12/2006

MessageSujet: Re: La fin du voyage   Dim 20 Mai 2007 - 20:31

Montjoie Saint-Denis avait l'air d'être prête à obéir sans discuter ... Nouveauté ô combien agréable ^^

Mais avant qu'Athanase aie le temps de réagir de quelque manière que ce soit, Hélène avait entrepris de bénir la nouvelle venue à sa manière, en lui versait du gros rouge qui tache sur la tête, enfin, en essayant du moins, car la nouvelle soldate était bien plus grande qu'elle ...


* Bon sang, mais que suis-je venu faire dans cette galère ??? *

La poivrote cessa ses efforts pour boire un coup, et Athanase la tira alors par le bras.

Hélène, tu l'as assez béni comme ça je crois.


Il la poussa gentiment vers les chambres, et dès qu'elle se fut un peu éloignée, il se tourna vers Montjoie.


Je vous prie de l'excuser, elle sert une divinité étrange et salue tous les nouveaux arrivants en les "bénissant" de cette manière.

_________________
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Montjoie Saint-Denis
Militaire de la Cross Guard


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MessageSujet: Bénit dans la douleur.   Ven 29 Juin 2007 - 14:52

La bacchante eut un sourire jovial, et la légère tension qui s’était installée entre Montjoie et la soldate soûle s’évanouit rapidement, à l’instar de la brume matinale qui, parfois, s’étend sur les campagnes. Visiblement, l’aspirante guerrière s’était tirée d’embûche, en glissant, comme si souvent au cours de ses errances, le bon mensonge dans les bonnes oreilles.
La membre de la Cross Guard eut alors une réaction étrange, déplacée : tirant de son large vêtement, d’une main ce qui ressemblait fort à une bouteille d’eau, et de l’autre un noyau de pêche, luisant, aux yeux du magicien, d’une discrète lueur magique indiquant son véritable statut d’ärm, elle activa prestement celui-ci. Une infime explosion de magie libérée se produisit dans le flacon, tandis que son contenu virait au rouge rosé. Alors, la soldate s’avança, les yeux luisants, l’air extatique, d’un pas incertain mais décidé, vers la nouvelle recrue, qui se demanda, avec une infime, mais néanmoins réelle, angoisse, à quoi rimait la pantomime grotesque de son interlocutrice.
Durant un court instant, l’approche de la porteuse d’eau fut interrompue par une soudaine et absurde vague de répulsion, qui était due, mais Saint-Denis ne devrait s’en rendre compte que bien plus tard, quand elle connaîtra enfin, plus en détail, le dogme insolite du culte du Pavot, à la senteur étrange, évocatrice de tournesol, qui, éternellement, l’accompagnait ; puis, la gardienne reprit son lent mouvement, une détermination renouvelée brillant dans ses prunelles, un terrible sourire plaqué sur son visage.
Montjoie se força à ne pas bouger : son intérêt personnel, de même que sa curiosité purement intellectuelle, dépassait largement la vague impression de malaise que faisait naître chez elle les actes étranges de l’ivrogne euphorique, et la poussait à rester en ces lieux, aussi immobile qu’une statue de pierre.
L’infortunée nouvelle recrue ne s’attendait absolument pas à se faire arroser d’alcool par la buveuse.

Le liquide, sournoisement, se glissa sous les vêtements de Saint-Denis, s’infiltra dans les minuscules interstices laissés vacant, entre les innombrables, et dérisoires, protections dressées face au climat, traversa les tissus les plus perméables …
… atteignit la chair à vif de ses récentes balafres …

Ignorant l’incandescente douleur, Montjoie songea brièvement qu’elle aurait dû elle-même, et de son propre chef, désinfecter ses plaies depuis déjà quelques bonnes heures. Mais surtout, sa réflexion plongée dans une perplexité sans borne, elle essayait avec une infructueuse obstination de percer à jour les motivations démentielles de son bourreau grisé.
Habituellement, le vin se buvait, mais l’alimentation cutanée était inconnue des Humains …
… la tortionnaire arrêta provisoirement son œuvre cruelle, afin de se soûler, consciencieusement, avec application, puis revint à sa tâche monotone, horrible …
… une étonnante coutume voulait que le vainqueur de certaine épreuve sportive (mais laquelle ?...) soit ainsi arrosé de champagne, dans quelque symbolique obscure ; seulement, Saint-Denis ne se souvenait pas avoir gagné, ni même participé, à une telle action …
… on aurait dit que la bacchante ne répandait pas sa boisson au hasard, mais peut-être en suivant d’étranges et complexes figures géométriques … ou bien en essayant de viser un point précis, qu’elle ne pouvait atteindre de façon optimale étant donné son avancé état d’ivresse …

Derrière elle, Athanase grimaça ; nul n’était besoin des étonnants pouvoirs de perception émotionnelle de Montjoie pour deviner que le chef de la Cross Guard supportait mal les excentricités de ses subordonnés. Bien qu’il ne lui eut fallu qu’un mot pour arrêter là ces pitreries déplacées … Était-ce du laxisme, un manque d’autorité ?...
Le jeune homme aux cheveux gris décida alors d’agir, et, profitant d’un répit dans l’aspersion méthodique de l’ivrogne, lui saisit adroitement le poignet tenant la bouteille, pour l’éloigner de la nouvelle recrue au plus vite, et lui conseilla, d’un ton péremptoire :

« Hélène, tu l'as assez béni comme ça je crois. »
Saint-Denis, sur le coup, ne comprit pas ; mais tout s’éclaircit dans son esprit quand Athanase Eärfalas, ayant enfin réussi à, gentiment, renvoyer la jeune fille vers un large couloir, se tourna vers le masque.
« Je vous prie de l'excuser, elle sert une divinité étrange et salue tous les nouveaux arrivants en les "bénissant" de cette manière. »
La membre d’une secte dissidente … c’était donc ça …

Montjoie, comme à son habitude, prit le temps de réfléchir avant de répondre … et constata sur-le-champ que son inséparable carnet, qu’elle portait avec elle depuis déjà bien longtemps, intégralement imbibé d’alcool, s’avérait, pour le moment, tout à fait inutilisable.
Il s’en remettrait, bien sûr, il suffirait de le laisser sécher un certain temps ; mais son ténébreux possesseur, durant cette période, perdait l’usage de la parole, redevenant soudain ce qu’il avait toujours été : muet.

* Qu’à cela ne tienne … *
Saint-Denis, alors, fouilla avec application les multiples recoins de son manteau, et en extirpa précautionneusement un étrange artefact. Apparemment composé de quatre planches de bois blanc, d’environ vingt centimètres sur trente, et reliée entre elles par des sortes de gongs, l’usage qui lui était réservé d’obscur devint évident lorsque son détenteur, tirant d’une autre poche une plaque de métal, pourvue d’un trou circulaire en son exact centre, ainsi que d’une poignée décalée de côté, déplia l’assemblage, révélant un vaste panneau de bois peint, où se reconnaissait sans mal les vingt-six lettres de l’alphabet, ainsi que « Oui », « Non » et « Au revoir », malgré leur graphie quelque peu déformée.
Une planche de ouija, utilisé parfois par certain spirites pour entrer en contact avec les esprits de l’au-delà ; mais la plupart d’entre eux considèrent toutefois cette méthode d’invocation comme maléfique, car mettant à la disposition des démons un moyen astucieux de posséder un mortel.
Mais Montjoie ne s’en servait jamais pour parler aux morts, car elle ne considérait pas la chose comme possible ; elle se contentait de l’utiliser comme un moyen de communication fiable avec … les vivants.

La partie métallique, plaquée contre la planche de peuplier, se déplaça rapidement de lettre en lettre, effectuant à chaque fois une courte pose, afin de laisser le temps à un Athanase éberlué de bien visualiser le signe choisi, pour glisser à nouveau, vite et silencieusement, vers le prochain symbole.
Les yeux fixés sur la prêtresse, Montjoie avait « écrit » sans même regarder ses mouvements :

« POURRIEZ VOUS S IL VOUS PLAIT M EARFALAS M INDIQUER LA DIRECTION DE MES QUARTIER MERCI D AVANCE».

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« Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
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Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
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